mardi 23 décembre 2008

Déjà le Mali

C'est la meilleure chose qui me soit arrivée dans cette course aux papelards !

Depuis 10 jours je tentais en vain d'appeler le consulat à qui j'avais envoyé, déjà depuis 3 semaines, en recommandé 24 documents très importants avec un chèque de 120 euros !

1er jour des vacances : je me dis qu'il faut y aller, pour en avoir le coeur net, si le Consulat avait fermé, emporté dans la vague des fermetures d'usines et des faillites dues à la crise.
Me voilà donc partie sans presse vers le Consulat de l'autre côté de Paris.

J'arrive vers 12h30 dans un local innommable, j'avais le sentiment d'entrer dans un bar PMU. Pleins de petits papiers par terre, assez sale, un monde fou, quelques guichets, des gens aglutinés aux vitres, d'autres assis en train d'attendre, beaucoup de bruit, d'éclat de voix, de rire, d'interpellation, de scenttes...

J'avise un vigile qui m'explique que cela ferme dans une demi-heure, et que vu la foule, il vaudrait mieux revenir demain matin 9h. A ce moment, je vois des bureaux derrière les guichets vitrés et je me dis : "si j'arrive à passer de l'autre côté, je suis sauvée".

Alors j'explique et parlemente : "j'ai envoyé mon dossier depuis un mois, je n'ai pas de nouvelle, vous comprenez, je m'inquiète, il y avait un chèque de 120 euros...". "Ah ! Va dans l'autre pièce et demande Sidi". "Pardonnez-moi, je cherche M. Sidi" "C'est encore à côté". "M. Sidi ? Oui ? Alors voilà, mon dossier, blabla....". "Passez de l'autre côté" Gagné !

Je passe dans un bureau : table en métal, vieilles affiches touristiques du Mali, calendrier du Ramadan périmé, frigo vide et débranché, savate qui traine dans un coin de la pièce, sa soeur de l'autre côté sous un meuble à tiroir, casier métallique ; et un homme penché sur ses écritures avec des monceaux de dossier dans son bureau. Les piles commencent à s'accumuler au pied du bureau.

Sidi, jeune à capuche, s'approche et cherche dans les dossiers ma demande de sur-légalisation. Il m'explique : "celui qui s'en charge est parti en vacances le 15 décembre (cela faisait déjà 3 semaines qu'ils avaient reçu mon dossier)

lundi 22 décembre 2008

Dossier Colombie et Mali déposés

Voilà, les 2 dossiers ont été déposés à l'AFA. Juste pour Noël.


Le dossier pour la Colombie (25 pièces avec les photos) a été déposé le mercredi 17 décembre 2008, après un faux départ (le lundi j'étais passée avec le dossier complet mais le projet de mise en relation n'avait pas été encore signé ; nous l'avons reçu le mardi matin et je suis donc repassée mercredi à l'AFA pour le déposer avec le dossier de nouveau).

Le dossier pour le Mali (30 pièces avec l'album photo) a été déposé à l'instant, le lundi 22 décembre 2008.

Bon, sur ces 55 pièces, il y en a bien une qui ne conviendra pas. Les pièges sont multiples : absence d'un tampon, copie certifié conforme alors qu'il fallait l'original, pièce périmée puisque certaines ne sont valables que 3 ou 6 mois, signature non légalisée correctement.... ou tout simplement il manque encore un papier !!!

Enfin, au fond de moi, je pense que tout est correct. Nous avons déjà eu un retour du dossier de Mali, il a donc pu être révisé une première fois déjà. En revanche, le dossier de Colombie est envoyé à l'AFA pour la 1ère fois ; mais on est dessus depuis tellement longtemps que je pense que nous ne nous sommes pas trompés. Enfin, l'administration est si pointilleuse !

Vive le scooter Scarabeo !

Heureusement que j'avais Scarabeo, mon fidèle destrier ! En un coup de roue, je pouvais faire les ultimes démarches administratives qui nous manquaient pour les dossiers de la Colombie et du Mali.

Quatre fois à l'apostille de 13h15 à 15h au Palais de Justice, une dizaine de fois à la Mairie, quatre fois au Minsitère des Affaires étrangères, trois fois au Tribunal d'instance, 3 fois à l'AFA boulevard Henri IV, une fois au Consulat du Mali.

Chaque fois, de l'attente, un tampon, une signature ; parfois 2 euros, parfois 5 euros, parfois rien du tout.

Parfois des sourires, des petits mots qui sortent de la relation administrative ; parfois rien du tout, efficace, emballé c'est pesé ; parfois des micro agressions, pour asseoir une autorité quasi nulle.

Je suis devenue experte en horaire d'ouverture, en rituel d'attente, avec ou sans ticket, assise ou debout, dans une salle d'attente ou dans les courants d'air de la Salle des pas perdus.
Je connais les adresses, les chemins pour y aller, la durée moyenne d'attente, les numéros de téléphone. A la Mairie même, on connaissait mon nom. J'ai appris à me mettre dans la bonne queue au palais de Justice, avec les touristes pour la Sainte Chapelle et les convoqués aux audiences parce que témoins ou inculpés. Je connais toutes les musiques d'attente au téléphone, chacune étonnante.

Cela m'a couté de longs trajets dans Paris, une amende pour stationnement illégal, du forfait téléphonique, des timbres, des enveloppes...

Cela a duré des vacances de la Toussaint à aujourd'hui, 1er jour des vacances de Noël !

mercredi 22 octobre 2008

Droit du sol, mon oeil !

Je viens de découvrir, dans la liste des pièces à fournir pour une demande de certificat de nationalité française, un inventaire à la Prévert absurdissime !

Vous savez, il s'agit de ces listes de l'administration, ici en l'occurrence du Ministère de la Justice, dressée avec les pièces types susceptibles d'être exigée par le fonctionnaire ; la guichetière coche alors les cases des pièces qu'elle souhaite que vous lui fournissiez en fonction votre cas et votre demande.
Dans mon cas, il faut que je fournisse une copie intégrale de mon acte de naissance et de celui de mon père (et trois ou quatre babioles ;-)). Bon.

Eh bien, je l'ai échappée belle ! La liste prévoit que le fonctionnaire peut exiger jusqu'à l'acte de naissance du père, de la mère du conjoint de l'intéressé ; et même l'acte de naissance du grand-père paternel, de la grand-mère paternelle, du grand-père maternel, de la grand-mère maternelle de l'intéressé ; et même, si, si !, les actes de naissance de l'arrière grand-père... ; et même, si, je vous le jure, la copie intégrale de l'acte de naissance de l'arrière, arrière grand-père !

On croit rêver. En tous les cas, je garde précieusement cette liste pour les incrédules !

Des anges d'amour

Il y a quand même des anges d'amour. Aujourd'hui une amie, au titre qu'elle connaît bien l'Afrique, a passé l'après-midi à rédiger un certificat de moralité pour le Mali, à aller l'imprimer dans une boutique, l'apporter à la Mairie pour la légalisation et traverser tout Paris jusqu'à chez nous pour nous le déposer.

Bon ben chapeau !

Le but est de déposer le dossier pour le Mali peut-être samedi !
On vous tient au courant !

Après suit, on croise les doigts, le dossier pour la Colombie ! Une autre partie de manche !

Holy Lola


Le film Holy Lola est un film miroir, qui pose les questions les plus douloureuses du parcours de l'adoptant, celles qui mettent à dure épreuve nos valeurs, nos principes et notre impatience, mais qui nous aide à banaliser notre histoire et à l'accepter.

Cela ne nous empêche pas de nous sentir bien seuls à vivre ce que l'on vit. Tout est sujet à l'émotion, les larmes me montent aux yeux pour des détails infimes, très bien vus dans le film. Dans les bonus, un témoignage d'un couple d'adoptant se termine par une phrase toute simple : "il n'y a pas de mots pour décrire ce que l'on vit".

lundi 20 octobre 2008

lettre type, modèle, prototype, copier-coller : néant

Il y a tout un tas de lettres à rédiger pour constituer un dossier : engagement à donner des nouvelles de l'enfant jusqu'à sa majorité (si, si !) ; requête à M. le Président du Tribunal de Première Instance de Bamako ; lettre de recommandation ; certificat de moralité de son employeur (si, si !)...

On a trouvé sur Internet uniquement une lettre type pour une demande d'apostille à la Cour d'Appel de son département... La belle affaire ! "je vous prie, Madame, Monsieur, de bien vouloir apostiller les documents que je vous envoie et de me les faire parvenir par l'enveloppe ci-jointe..." !

Il y a assez peu de mutualisation de l'expérience des adoptants. Chacun garde un peu pour soi. On n'ose pas demander. Chacun sa petite idée de l'affaire.

Juré promis craché, dès qu'un dossier est accepté et soit classé en liste d'attente ici en France, soit envoyé dans le pays, c'est-à-dire qu'il est jugé comme valide, je mets en ligne cette précieuse littérature !

Pourrait-on rêver un peu ?

J'ai le sentiment de me battre depuis le joli mois de mai pour déposer ne serait-ce qu'un seul dossier dans un pays... Si seulement nous pouvions avoir un dossier en attente au chaud dans un pays.... Au moins pourrions-nous goûter à cette fameuse attente dont parlent tous les adoptants... On pourrait alors changer de complaintes !

Ondulation

Le moral va et vient, à cause de ces scribouillards qui se sont emparés de l'adoption pour recaser des pièces administratives qui auraient dû disparaitre depuis longtemps dans les oubliettes de la simplification administrative !

Aujourd'hui après m'être fait rentrée dans mon scooter par une voiture et enguirlandée par dessus le marché, j'ai découvert qu'il fallait apporter de 9h à 12h le lundi ou le mardi des papiers improbables tels que le livret de famille de mes parents, leur certificat de mariage ou leurs actes de naissance pour un certificat de nationalité ! Je ne comprends pas sa différence avec sa carte d'identité ! Pas de chance on était lundi après-midi ; de toutes façons je n'avais pas ces pièces !

Bref le moral varie de jour en jour, de semaine en semaine au gré de la réception de papiers ou non, voire de mois en mois. Le mois de juillet a été difficile. Le mois de septembre amorphe. Le mois d'octobre de nouveau actif grâce aux pistes que Jean-Thomas a pu ouvrir !

mercredi 10 septembre 2008

Tiens, l'adoption bouge en France. Le 27 juillet est lancé un réseau de Volontaires pour l'adoption internationale : des jeunes français pourront partir travailler avec des orphelinats tout en prouvant l'adoption française. Pas con. Donnant-donnant, comme partout !

Et puis fin août, le 28 août, Rama Yade lance une réforme avec 3 objectifs :
"1. Mieux répondre aux attentes des familles, en donnant à l'AFA un rôle d’impulsion et de définition de la stratégie en matière d’adoption internationale ;

2. Augmenter les chances d’adoption des familles françaises dans les pays étrangers grâce à la mise en œuvre, dans ces pays, d’une véritable politique de coopération et d’aide au développement en faveur de l’enfance privée de famille ;

3. Renforcer les moyens humains dédiés à la protection de l’enfance privée de famille et à l’adoption internationale tant en France que dans l’ensemble du réseau diplomatique."

Le point 2 est encore dans la même optique : aider financièrement les orphelinats. Ce que font les Italiens. Drôles de pratiques dans un monde où désormais 75 pays ont ratifié la Convention de la Haye (2008).

Autre idée, celle-là réellement nécessaire : la création d'un métier "adoption internationale" au sein du réseau diplomatique. Cela aidera surement les démarches individuelles.

Quelques noms ressortent, parmi ces fins réformateurs : Jean-Marie Colombani, Bernard Kouchner, Rama Yade et maintenant Jean-Paul Monchau, ambassadeur pour l’adoption internationale nommé le 27 juin 2008 par décret présidentiel. Pour une fois que je souhaite que les réformes se fassent rapidement !


Extension d'agrément

Notre assistante sociale nous reçoit donc de nouveau, dans un petit bureau de l'ASE, pour discuter de ce coup de barre quelque peu brutal. Elle nous parle surtout de ce que représente un enfant de 3 ans, et c'est précieux. Ce n'est plus un nourrisson qui ne posera pas beaucoup de problème à l'arrivée, mais plutôt à l'adolescence. Désormais, les difficultés se révèlent dès le départ. Il s'agit d'enfants qui ont vécu en orphelinat, avec très peu de stimuli. Ils ne connaissent certes rien à la France, mais aussi au mode de vie en famille : préparer le dîner, se laver les dents, faire les courses... Ils peuvent ne pas savoir monter un escalier, n'avoir jamais tenu un crayon entre les doigts, n'avoir jamais dormi dans un lit. C'est donc des habitudes de tout-petit, non acquises, qui devront être découvertes par un un-peu-plus-grand. Et cela provoque des commentaires.

Surtout qu'il y a régression totale. Besoin de dormir dans le lit des parents, d'être porté, d'être dorloté, et ce jusqu'à pas d'âge. Des enfants de 8 ans, de 10 ans peuvent encore réclamer d'être portés, d'avoir une couche ! Du coup, ça jaze pas mal, au sein de la famille, à l'école...

Ce sont des enfants qui auraient énormément besoin d'être rassurés, d'être aimés, pour s'assurer que l'abandon, c'est bien fini. Et en même temps, il vive cet abandon originel comme un échec et ont beaucoup de mal à vivre de nouvel échec. A l'école, cela peut être alors invivable...

Bref, quelques éléments pour réaliser que le projet est différent désormais. Notre idée de partir à la campagne, ou plutôt à la mer du côté de Yport où on achète une petite maison de pêcheur, semble hyper appropriée, pour passer du temps avec notre futur enfant, du temps et encore du temps.

Et pourtant, on sort de la réunion quelque peu amer. On n'a pas du tout envie de la remercier. En nous guidant plus qu'elle n'aurait dû le faire vers la Colombie et le restrictif 0-1 an, elle nous aura fait perdre des mois précieux. Elle s'est constituée en unique interlocuteur lors de la procédure d'agrément, alors qu'elle refusait de prendre en compte le contexte de l'international et qu'elle nous prévenait contre se renseigner sur les démarches internationales par nous-même. D'ailleurs, il semble clair que l'octroiement de l'agrément ne prend pas en compte le contexte de l'adoption internationale ; ainsi la réunion à l'ASE pour l'internationale n'est ouverte que pour les adoptants ayant déjà leur agrément. Donc après, et parfois, comme dans notre cas, trop tard. Ah, que ce chemin aura eu un goût d'amertume !

de 0-1 an à 0-3 ans

L'adoption internationale est quasi fermée désormais aux nourrissons. Ce parcours du combattant peut éventuellement s'accélérer pour des enfants âgés, des fratries ou encore des enfants à particularité. Mais les autres demandes sont vouées à attendre avec un risque très élevé de ne pas pouvoir adopter dans la fameuse période de 5 ans que dure l'agrément délivré par la France. Moins de 4000 enfants sont adoptés chaque année, pour 28000 ménages ayant l'agrément. Il ne faut pas être très cynique pour y voir une compétition fatale.

Après avoir voulu conserver notre agrément de O à 1 an, on s'est vite rendu à l'évidence. Notre agrément est tout simplement trop restrictif, il est même absurde vu le contexte actuel. Certes, nous n'avons pas encore épuisé les possibilités de la démarche individuelle. Mais nos principes de départ (un bébé, par une voie centralisée et publique, en Amérique Latine) semblent devoir s'assouplir.... Principe de réalité.


On patine...

Non, franchement, comment peut-on patiner autant ?

On a dû emprunter la mauvaise piste ou alors ils ont dû savonner particulièrement notre route !
C'est à désespérer et les vacances prises en août ont heureusement permises de prendre de la distance là où on commençait à devenir chèvre.

Mais reprenons calmement.
1ère étape : on a cherché à déposer le plus vite possible un dossier pour l'ICBF en Colombie. Quelques 29 pièces à rassembler le plus vite possible, à faire signer, apostiller, etc.
2ème étape : rendez-vous le 5 juin avec la responsable Colombie de l'AFA. Elle nous dit que notre dossier, si fébrilement rassemblé, n'est pas recevable car la Colombie n'accepte plus les agréments de 0 à 1 an ; elle a fusionné les listes d'attente de 0 à 1 an et de 1 à 2 ans. Elle nous oriente vers les OAA colombiennes.
3ème étape : on se tourne vers les OAA colombiennes, notamment Fana et les Casas. Malheureusement, on s'est un petit peu perdu en chemin, entre les interlocuteurs français de ces organisations et les pré-dossiers à envoyer. Perte de temps au mois de juin. Finalement on réussit à faire partir un dossier en Colombie pour Fana. Pour l'instant, nous n'avons aucune nouvelle.
4ème étape : réunion le 25 juin avec la correspondante de l'AFA de Paris. Panorama de l'adoption internationale inquiétant. Très inquiétant. Des listes d'attente infernales, des critères drastiques, des parcours du combattants, des contextes opaques... Et surtout aucun pays, à part peut-être le Mali ou le Kazakhstan, ouvert à des adoptions d'enfants de 0 à 1 an. Elle nous incite à se tourner vers les OAA françaises.
5ème étape : le mois de juillet a été très difficile, avec une brume pyrénéenne autour de moi.
6ème étape : j'envoie 5 demandes de candidatures auprès d'OAA françaises : Médecin du Monde, les Amis des Enfants du Monde, La Cause, La Famille Adoptive Française et Orchidée Adoption. Les 5 nous ont répondu négativement : trop de candidatures déjà semble-t-il, ils croulent sous les demandes.
7ème étape : Le Kazakhstan étant fermé actuellement à l'adoption internationale, on dépose un pré-dossier à l'AFA pour le Mali. Coup de téléphone : notre dossier n'est pas recevable car notre rapport psychologique de l'ASE mentionne que nous souhaitons adopter en Colombie ! Pente savonnée ? Heureusement nous partons en vacances !
8ème étape : rendez-vous le 3 septembre avec notre assistante sociale pour étendre notre agrément de 0-1 ans à 0-3 ans. Nous passons en commission début octobre.
9ème étape : JT bataille au téléphone avec notre psychologue de l'ASE pour retirer le terme de Colombie. Compromis peu favorable mais il faut faire vite pour renvoyer le dossier de mise en relation à l'AFA, car le délais est proche de s'achever.

Franchement, on s'y prend mal ou quoi ? On est en septembre, cela fait 3 mois et demi que nous avons l'agrément et aucun dossier accepté à l'international. C'est juste déprimant, rageant et angoissant.

mercredi 28 mai 2008

Journée banale

Aujourd'hui, j'ai
- reçu en recommandé notre agrément, sa notice, le rapport psychologique et social
- appelé JT pour lui annoncer la bonne nouvelle
- écrit à Evelyne pour convenir d'une date pour dîner ensemble afin qu'elle nous explique son expérience en démarche individuelle
- rempli le formulaire de l'AFA pour le pré-dossier
- photocopié toutes les pièces nécessaires pour le pré-dossier
- imprimé la courte lettre de motivation pour l'AFA
- envoyé par courrier le pré-dossier à l'AFA
- appelé la Cour d'Appel de Paris pour avoir les horaires du service d'apostille
- appelé la grosse conne du service de l'apostille de la Cour d 'Appel de Versailles
- imprimé le formulaire de demande d'apostille
- envoyé la demande d'apostille sur mon attestation d'emploi
- appelé l'AFA pour prendre rendez-vous et fait le forcing ; je dois rappeler car elles étaient occupées
- appelé l'Espace adoption pour vérifier qu'il n'y avait pas de démarche supplémentaire pour une demande de pupille de l'Etat
- récupéré les photos de Femke et de Sabine pour le dossier pour la Colombie
- appelé la Mairie de Réveillon pour une copie intégrale de l'acte de mariage
- ...

Euh, on n'est pas en train de perdre notre temps ?
Quelle foi il faut avoir !

lundi 19 mai 2008

Agrémentés et toutes nos dents !

J'ai oublié de vous dire : nous avons l'agrément.
L'assistante sociale nous a prévenu par téléphone !
Pas vraiment d'allégresse, car on s'y attendait ; et je pensais déjà à la longue route qui nous attendait de nouveau...

Heureusement qu'on fait la fête le 31 mai !

Sisyphe


Tous les soirs, depuis la semaine dernière, je pousse mon petit caillou. Chaque pièce du dossier, c'est un petit tas de caillou à empiler pour cela soit valable ; un petit tas de sable à accumuler pour qu'enfin, elle puisse être glissée dans l'enveloppe avec les autres.

Pour l'instant j'en n'ai aucune de prête.

Il faut pousser, pif paf pouf, écrire des emails, passer des coups de téléphone, envoyer des courriers, rédiger des lettres...

Ainsi une lettre de recommandation nous coûte un dîner. Les photos des frères et soeurs, un email bien tourné pour que cela soit drôle. Une attestation d'emploi, un petit détour au secrétariat. Mais pour l'instant, aucune pièce n'est dans l'enveloppe. Vide.

En fait, chaque pièce sera comme un cairn qui jalonnera notre chemin jusqu'au dossier envoyé.

mercredi 14 mai 2008

L'apostille



Ce week-end, j'avais apporté à La Combe les brochures sur l'adoption en Colombie afin de débroussailler la suite... Pour déposer une demande d'enfant, il faut rassembler un dossier. Et pas n'importe lequel ! C'est 19 papiers officiels, dont la signature doit être légalisée, et apostillés, parfois certifiés conformes, qu'il nous faut réunir !

Légalisation de la signature ?
Apostille ?
Gloups ! C'est juste infernal : une apostille s'obtient à la Cour d'Appel du Département, par écrit. Bref, au moins plusieurs semaines de perdues.
La légalisation de la signature, c'est une signature devant le Maire. Bref, une certification de qui a signé le document !

Apostille, c'est pourtant tellement mignon comme mot... Le site du Ministère des Affaires étrangères précise que l’apostille est la formule prévue par la convention de la Haye du 5 octobre 1961, pour tenir lieu de légalisation d’un acte public. Bande de salauds ! Cela doit être des pervers ceux qui ont inventé ceci ! Bavant et postillonnant !


Une Commission d'agrément, c'est...

- 3 personnes appartenant au service de l'ASE ou leurs suppléants,
- 2 membres du Conseil de famille des pupilles de l'Etat du département : l'un est nommé sur proposition de l'Union départementale des associations familiales ; l'autre assurant la représentation de l'Association départementale d'entraide entre les pupilles et anciens pupilles de l'Etat ou leurs suppléants.
- une personne qualifiée dans le domaine de la protection sociale et sanitaire de l'enfance.

En fait, la Commission se contente d'examiner le dossier et de donner un avis positif ou négatif. C'est ensuite le président du Conseil Général qui valide cette décision.

Nous ne connaissons pas les noms des personnes de cette Commission, mais en même temps, on s'en fiche un peu : c'est demain qu'on aura la réponse.
Ensuite il faudra faire une demande par écrite pour obtenir les papiers nécessaires pour la suite : le document de l'agrément officiel, les rapports social et psychologique, remarquons que nous n'avons jamais eu entre nos mains ce dernier ...

1ère étape quasi achevée !

Eh oui, nous avons terminé l'enquête psychologique et sociale, les rapports sont positifs et il n'y a pas lieu de s'inquiéter, nous avait dit l'assistante sociale.
Et voilà, nous avons reçu par lettre la date de passage en Commission d'agrément :

le jeudi 15 mai 2008 à partir de 14h00.

La lettre officielle que nous avons reçue nous dit : "suite aux investigations menées par les professionnels lors de la procédure et dans les conditions prévues par les articles R225-1 à R225-11 du Code de l'Action Sociale et des Familles", j'adore, nous avons la possibilité de prendre connaissance des pièces figurant dans le dossier avant sa présentation à la Commission, voire faire connaître par écrit des observations sur les pièces. Nous pourrions même demander à être entendus par la Commission.

Mais nous, on n'a pas besoin de cela : notre dossier, j'en n'ai aucun doute, est béton !

mercredi 2 avril 2008

Le forum

On s'est inscrit au forum de l'APAEC : hyper actif ! 20 messages par jour en gros ! Je ne comprends pas encore grand chose... Mais de ce qui ressort, c'est que, sur la liste d'attente en Colombie, on en est aux couples de juillet 2005 !

Nicolas

Il m'a fait trop rire ce matin ! Je l'aurais embrassé tellement il a été naturel. On le croise à Nation, avant notre rendez-vous avec l'assistante sociale. Et il nous demande ce qu'on fait dans le quartier. On lui dit, de but en blanc, qu'on a rendez-vous à l'Espace Adoption, pour conclure notre enquête psychologique et sociale. Je ne suis pas très sure qu'il était au courant de notre projet.

Et là il nous fait une bonne blague sur le fait que, si pour moi, il ne se fait trop de souci, il est plutôt inquiet pour JT vu son passif de maniaco-dépressif, avec une petite étincelle dans ses yeux rieurs ! J'étais morte de rire ! Surtout quand on sait comment les gens qui apprennent la nouvelle réagissent toujours gravement, eh oui, c'est un projet sérieux ; bref...

La dernière fois

Aujourd'hui jour d'allégresse ! On rencontrait pour la dernière fois notre assistante sociale qui nous a lu son rapport final au terme de l'enquête sociale. On a essayé de proposer des changements ; je ne suis pas sure qu'on avait vraiment le choix. Mais bon elle était hyper positif, elle conclut son rapport sur une recommandation positive. Et elle nous a assuré que le rapport psychologique de sa collègue était du même acabit ! La Commission qui nous donnera l'agrément se réunit fin mai.

C'était un peu bizarre de la quitter, comme si elle nous lâchait dans le grand inconnu. On aimait bien finalement se faire chouchouter, se faire prendre en charge : "il faut faire ci, il faut faire ça d'ici la prochaine fois"... Maintenant qu'on a été bien décrassé depuis décembre, on doit voler de nos propres ailes... On passe de l'ASE (l'Aide Sociale à l'Enfance, la DASS quoi...) à l'AFA (Agence Française d'Adoption). On les retrouvera seulement si on nous confie une pupille de la Nation.

Le dossier n°1

Une véritable autoroute. Passez la seconde, messieurs mesdames. Trop facile.

Mon homme

Hier il me dit : "c'est dans la région de Cali que les enfants sont indiens", en retournant nos cotelettes d'agneau.

L'attente

jhljfheswjh

coucou

dimanche 30 mars 2008

Le monde associatif

Lorsqu'on a appelé la voisine de Patrice, on avait le sentiment d'appeler l'autre bout du monde. Je me souviens, nous étions autour du téléphone, penchés sur le combiné, à poser des questions dont la réponse nous semblait vitale, accrochés à ce bout de fil comme à un radeau dans l'océan en eau profonde dans lesquelles nous nous sommes aventurés depuis qu'il s'agit de sonder l'après-agrément.

Elle nous a enfin donné une impression très positive et très décomplexée de l'adoption. Tout va bien, oui il y a eu une période d'adaptation, mais non, pas plus que cela...
Et c'est elle qui nous a indiqué l'existence de l' APAEC.

L'Association de Parents Adoptifs d'Enfants Colombiens est, à entendre C. qui nous a contacté, une association qui s'est vraiement investi d'un rôle de lobby dans l'espace public, réagissant rapidement aux discours plus ou moins négatifs qu'on peut entendre fréquemment sur l'adoption.
Elle n'est pas une OAA, c'est-à-dire qui travaille avec les autorités colombiennes de l'adoption, mais peut aider les personnes qui se lancent dans les démarches individuelles, auprès d'orphelinat directement par l'intermédiaire d'avocats.

Elle nous a recommandé leur dossier, de contacter une personne de l'AFA, de participer au forum (http://fr.groupsyahoo.com/group/AdoptionColombie), de les rencontrer en juin... Bref, elle nous a tracé une route qui se perdait dans le brouillard depuis quelques semaines.

Avec l'EFA, c'est donc la 2ème association que nous allons rejoindre.

Les adoptantsn

Ce sont encore des femmes !

Nous avons déjà maintenant pris contact avec plusieurs adoptants, très positifs. Les voisins des copains de Patrice, qui ont adoptés en Colombie notamment. Mais aussi les membres de la l'Association APAEC recommandées justement par ces derniers.

Et à chaque fois, il s'agissait de femmes. En couple pourtant. Mais cela reste une affaire de femme. Pourtant, il n'y a plus aucune justification biologique, puisque dans l'adoption, chacun peut porter à égalité le projet. L'homme est aussi enceinte que la femme...

La femme de l'APAEC qui nous a rappelés nous a avoué qu'elle rencontrait parfois des situations assez cocasses : ainsi, après une prise de contact, elle appelle un ménage et tombe sur le mari qui répond : "attendez, je vais vous passer ma femme ; moi, je ne m'occupe pas de cela".

vendredi 7 mars 2008

AFA, EFA, CSA...

Euh... A pour Adoption ?

En France, il existe de plus en plus de structures autour de l'adoption.
L'AFA créée en 2005 : l'Agence française de l'Adoption est l'autorité centrale et publique qui gère l'adoption internationale selon les critères dela Convention de la Haye.

L'EFA est la plus grande association de parents adoptants et d'enfants adoptés. Elle compte énormément d'adhérents et organise des groupes de paroles.

Le CSA est le Conseil supérieur de l'Adoption. C'est une instance de concertation placée sous la tutelle du ministère de la Justice et du ministère des Affaires sociales. En gros, il conseille le gouvernement sur toutes les questions liées à l'adoption. Actuellement, Jean-Marie Colombani travaille sur un rapport qu'il doit remettre à l'Elysée.

Quand on navigue dans le sujet, on trouve aussi le CNAOP (Conseil national pour l'accès aux origines personnelles), le Bureau de l'Adoption de la Ddass de Paris, mais aussi l'Arbre vert (qui est une association spécialisée - ce n'est pas moi qui invente - dans le "soutien à la parentalité adoptive", c'est beau)...

Il y a aussi toutes les oeuvres (= ONG) d'adoption autorisées (ce qui n'était pas le cas de l'Arche de Zoé...). Elles ont des noms délicieux : les Nids de Paris, Children of Sun, Enfance et Avenir, les Liens du Coeur, la Famille adoptive française, Rayon de soleil, Orchidée Adoption, De Pauline à Anaelle...

Et puis il y a l'immense toile Internet. Tiens, en cherchant le site de l'AFA, je suis tombée sur ce blog : http://florencen.canalblog.com/

La Convention de la Haye

Une des explications de cette baisse est une bonne nouvelle : de plus en plus de pays ratifient la Convention de la Haye. On trouve sur le site du HccH (Conférence de la Haye de droit international privé) le texte intégral :
http://www.hcch.net/index_fr.php?act=conventions.text&cid=69



La Convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale pose comme principe que l'adoption doit avoir pour but la protection de l'enfance. L'adoption est un moyen de donner une famille à un enfant qui en est dépourvu, et non l'inverse.

De façon générale, les pays signataires s'engagent à contrôler l'adoption afin qu'elle ne soit ni illégale, ni prématurée, ni mal préparée.

Un certain nombre de précautions s'imposent alors et les Etats parfois se ferment le temps de mettre en place les institutions et les protocoles nécessaires. Ainsi l'article 6 de la Convention postule que : "Chaque Etat contractant désigne une Autorité centrale chargée de satisfaire aux obligations qui lui sont imposées par la Convention".
Cette Autorité centrale faisait défaut dans beaucoup de pays ; Madagascar ainsi a ratifié la Convention en 2005 puis a suspendu l'adoption pendant 18 mois pour se mettre aux normes.

Par ailleurs, les pays signataires s'engagent à privilégier les adoptions sur leur propre sol. Dans les pays où émergent une classe moyenne, on assiste alors à un véritable effet de substitution. Ainsi en Chine, il y a eu en 2005 pour la 1ère fois plus d'enfants adoptés par des familles chinoises qu'à l'étranger.


Revue de presse



Le Monde a publié un article le mardi 26 février 2008 qui a bien mis les choses au clair : ce ne sera pas une partie de campagne !

Le nombre d'enfants étrangers adoptés en France a baissé de plus de 20% en 2007, passant de 4 136 à 3 162. Les pays en tête sont l'Ethiopie avec 417 visas accordés pour l'adoption, Haïti, la Russie. Or il y aurait 25 000 familles françaises en attente d'un enfant !

Ainsi la Chine impose désormais des critères de plus en plus drastiques : impossibilité d'adopter si on n'est pas en couple ; les époux doivent être diplômés, avoir un casier judiciaire vierge, n'avoir ni maladie ni handicap et travailler tous les deux. Enfin ils doivent gagner plus de 30 000 dollars par an, être propriétaire de son logement et posséder un patrimoine de plus de 80 000 dollars !

Pas de cadeau de naisance mais...

Février 2008. Notre voisine est au Vietnam actuellement pour découvrir sa fille, née le 1er octobre 2007. Elle nous a envoyé 3 photos et un petit mot très court il y a maintenant une quinzaine de jours ; tout allait bien.

Elle ne va tarder à rentrer et on viendra rencontrer la merveille ! Les bras pleins de cadeau ! Des cadeaux d'adoption, pour un bébé de 5 ou 6 mois ! C'est tout petit pour l'adoption et une chance folle pour elles deux.
Un petit détail cependant : il aura manqué la taille 0 an ou 3 mois !

jeudi 6 mars 2008

Le cadeau de Noël à Armeau


Armeau. un village sur le bord d'une nationale. Deux tantes qui vivent ensemble, l'une à la retraite, l'autre comptable dans un cabinet de notaire.

Nous avions un peu peur de leur réaction. Et pourtant, cela a été l'accueil de la nouvelle la plus chaleureuse, la plus simplement enthousiaste, la plus ouverte.

Elles sont marrantes, faut dire qu'elles avaient eu, un mois auparavant, une adoption dans leur entourage. Martine a une collègue qui la veille ou l'avant-veille de Noël est passé au cabinet, annonçant qu'elle ne restait pas ! La Ddass venait de l'appeler, elle et son mari, tout deux vieillissant, après des années d'attente où tout espoir avait évidemment disparu, lui annonçant qu'un petit garçon l'attendait ! Il paraît qu'elle a failli tomber à la renverse !

lundi 3 mars 2008

Faut-il lister ?

Au sortie de cette rencontre, nous sommes restés un peu sur notre faim. Mais que voulait-elle ? Une liste de caractéristiques à cocher ? Ce serait peut-être trop brutal. Alors, bien qu'elle ne soit pas psychologue, on enrobe sa check-list d'une discussion psychologisante quelque peu angoissante : "que faut-il répondre ?", "que demande-t-elle en réalité ?"... Le syndrome du dominé dans une enquête d'opinion qui cherche, non pas à donner son opinion, mais à deviner la bonne réponse, celle qu'il pense qu'attend l'enquêteur. Mais ce n'est qu'une check-list. Mais alors pourquoi ne le fait-on pas clairement :

- âge : < 1 an
- couleur : toute origine
- surdité : non
- surdité partielle : oui
- aveugle : non
- défiguré : non
- bec de lièvre : oui
- enfant d'alcoolique : non
- enfant de toxico : oui
- albinos : non
- avec frères et soeurs : oui
- histoire de la mère (viol...) : oui
- grand prématuré : non
- petit prématuré : oui
....

Hum, que disait le Conseil national de l'éthique sur les manipulations génétiques ? Le risque de choisir son gamin sur catalogue ? Certains adoptants ne se contentent pas de choisir selon l'état de santé de l'enfant, mais aussi son sexe, sa race... Chercher un peu l'enfant idéal, qui ressemble un peu aux parents, prendre sa revanche sur la nature ?
Une check-list.

La 2ème rencontre avec l'Assistance sociale

La dame de la Ddass est venu chez nous.

Peut-être était-elle moins à l'aise, peut-être l'étions trop, mais le courant n'est pas bien passé comme la 1ère fois. Surtout la litanie des questions est revenue : Et s'il est enfant d'une malade mentale ? Est-ce génétique ? Et à l'adolescence ? S'il est mauvais à l'école ? S'il débarque avec 3 frères et soeurs ? S'il fait une grosse crise existentielle ?

Et nous répondions : "alors, là, on verra bien !". Entre l'arrogance et le doute, il faut trouver un bon juste milieu. Ne pas minimiser les problèmes spécifiques à l'adoption et à l'enfant adopté ; ne pas exagérer des problèmes qui se poserons au plus tôt en 2020 lorsque notre enfant sera ado.

Et chaque fois que nous tenions une réponse, elle nous faisait sentir que nous étions trop dans l'inconscience vis-à-vis des problématiques de l'adoption, ou au contraire que nous n'étions pas assez surs de nous. Pas évident !

Ouf, les vacances !

Les vacances sont enfin arrivées ; nous étions la dernière Académie à partir en vacances, et le rythme de parution sur mon blog s'en est vivement ressenti !
Et pourtant, ce n'est pas qu'on ait été inactif sur le front de l'adoption ! Je dois dire que l'on a même remporté quelques batailles...

mercredi 6 février 2008

Un agenda de ouf

Aujourd'hui je regarde mon agenda. Cette semaine est donc prévue : commission éducative, formation Internet, séance Louvre sur l'Orientalisme, Heure d'Information Syndicale, Comité de Vie Lycéenne, lancement du n°7 du journal lycéen, grève, cours à la fac, réunion de l'équipe pédagogique de la Terminale ES1, Conseil d'Administration, commission permanente, sortie scolaire au Palais de Justice, copies, sport, anniversaire, week-end à Londres, dîner, déjeuner, bientôt il y a aura des petits-déjeuners de prévu... Finalement, les brunchs, c'est un peu ça : c'est lorsqu'on n'arrive pas à caser des amis, à les voir et passer du temps avec eux, on se réserve le dimanche matin.

Bref, je ne sais pas où je caserais le pouponnage d'un petit. Et finalement l'adoption, cela n'avance pas beaucoup.

jeudi 24 janvier 2008

Le soupçon de la société

Je montre actuellement à mes élèves un documentaire extraordinaire, Mémoires d'immigrés de Yamina Benguigui.

Il est structuré en 3 longs métrages de 52 min : Les pères, les mères, les enfants. Je leur montre le dernier pour réfléchir sur la question d'intégration. Les enfants d'immigrés expriment très bien dans ce documentaire leur rejet de la résignation, de la honte des pères, qui acceptaient des situations d'humiliation (logement dégradé, bidonville ; condition de travail pénible...). Les pères acceptaient et disaient : "Chut, nous ne sommes pas chez nous, il ne faut pas faire d'histoire". L'idée d'une légitimité pas tout à fait acquise, à laquelle nous n'avons pas le droit.

J'ai entendu la même chose chez des parents adoptants. Ils racontaient une réunion d'information où un médecin avait eu des mots très durs, très décourageants sur l'état de santé des enfants, sur les intentions malveillantes des personnes auxquelles nous aurons affaire... Et il terminait la conférence en disant : "J'espère que j'aurais au moins réussi à décourager certains d'entre vous" ! Les futurs parents qui nous relataient l'histoire semblaient l'accepter, ou plutôt se résigner, alors même qu'ils en avaient soufferts : "Ils ont raison. De toute façon, il y a trop de demande par rapport aux possibilités d'adopter... Et puis comme nous sommes un peu âgés...".

Cela m'a fait pensé au ton sec et autoritaire que la personne avait eu lors de notre 1ère réunion d'information. Un ton de caserne, expéditif et ferme. Devant une cinquantaine de personnes porteurs d'un désir d'enfants.

L'adoption n'est pas encore tout à fait légitime. Et si on adopte, il faut que la société nous fasse bien ressentir qu'elle nous aide, et pas l'inverse.

La tendresse d'une mère adoptante

Ca y est, on a passé dirais-je un cap. Nous avons rencontré la cousine d'un ami des États-Unis qui s'apprête à s'envoler au Vietnam, toute seule, pour aller chercher sa fille, Tizia. Chez elle, il y a déjà un peu partout, en noir et blanc, en couleur, la seule photo qu'elle a de ce gros bébé !

On a parlé de tout et de rien, de certaines démarches un peu plus difficiles, des différents pays... J'ai senti qu'on ne savait rien, qu'on avait encore tout à apprendre. Elle nous a parlé des associations, des sites Internet, des forums... Je me suis sentie plus que novice face à cette femme qui avait parcouru le chemin jusqu'au bout. Mais surtout, ce qui nous changeait, c'est qu'on la sentait déjà mère, jusqu'au plus profond de son être, déjà prête à recevoir un bout d'choux dans les bras. C'est cela qui nous séparait : ces longs mois d'agrément et de recherche d'un enfant qui permettent de concrétiser le projet. Nous, nous n'en sommes qu'à remplir des papiers administratifs et à prendre rendez-vous. Encore un peu irréel...

Vous avez dit neuneu ?

Je viens d'apprendre que neuneu, cela veut dire avoir le syndrome de l'alcoolisation foetale. C'est la première cause de retard mental non génétique en France.

mercredi 16 janvier 2008

Envie d'en discuter...

Il y a les catastrophes : "Ah, là où je suis en ce moment, il y a plein de prêtres noirs, ils sont très biens" ou bien : "Oui, mais ce ne sera pas comme si c'était ton enfant".
Ce n'est pas grave, car tout le monde a besoin d'un temps. Il faut répondre sur le ton de l'humour : "Mais tu sais bien que je suis sociologue ! Alors, tu sais, moi, le biologique..." Mais il leur faudrait quand même un sacré cours de savoir-vivre et de délicatesse à ceux-là, dites donc !

Il y a aussi les questions : "et ça va, JT ?". Bref, votre couple tient-il le coup face à cette épreuve hymalayesque ? Ou peut-être plus subtil : "et qu'est-ce qu'il en pense JT ? Il est d'accord ?"


Il y a les bons plans, les contacts, les histoires déjà vécues. On écoute, car on n'est pas encore tout à fait dans la nôtre, notre histoire qui nous obnubilera bien un jour. On prend en note le nom, le numéro, l'email.


Et il y a les vraies bonnes discussions comme on les aime jusqu'à 3h du matin où chacun échange ses projets, partage ses envies. Le sens de la vie, l'ouverture aux autres ; le poids de la société vis-à-vis de la famille, du couple, des enfants... La joie dans la vie, la confiance dans l'avenir et le sentiment d'être prêt à ce que ça change un peu. Et puis, on va se coucher un peu trop fumé, un peu trop alcoolisé, un peu trop tard et on se dit qu'on a bien de la chance de ne pas avoir d'enfants pour nous réveiller demain matin !


Accepteriez-vous un enfant neuneu ?

L'assistante sociale nous a étonnée par la crudité de ses propos. Mais le contact est très bien passé. Heureusement. Et pourtant je dois dire que j'étais à l'aguet, je lui faisais un peu passé son entretien d'embauche. Je pense que j'ai eu beau la tester, elle n'a jamais eu un mot déplacé, un jugement moral ou normatif, une tournure de phrase pouvant contenir des préjugés.

Accepteriez-vous un enfant d'une mère hautement alcoolique, sachant qu'il a de fortes chances d'être neuneu ? C'est cette question que l'assistante sociale nous a posé. Ce genre de question peut se décliner de mille façon : un enfant sourd ? Un enfant malformé ? Un enfant avec un doigt surnuméraire ? Un enfant trisomique ? Un enfant de 4 ans ? Un enfant avec la galle ? Un enfant défiguré ? Hum...

Un enfant noir, asiatique ? Alors, ce sera une aventure dans laquelle il y aura écrit "adopté" sur le front de mon enfant. Quelle histoire ! Une peu différente, je l'avoue. Mais quelle histoire ! Une histoire bien à nous !

mercredi 9 janvier 2008

Photo amateur et lettre sous pli confidentiel


C'est nous... La demande d'agrément est obtenue à la suite de l'envoi du dossier. Celui-ci doit contenir :
- une photographie d'amateur de nus deux,
- une évaluation par un médecin psychiatre de notre choix envoyée directement sous pli confidentiel au Docteur du service de l'Espace Adoption de Paris,
- un questionnaire de demande dûment rempli,
- une copie intégrale de l'acte de naissance : l'extrait serait trop mesquin !
- une copie du livret de famille (il a à peine 1 an qu'il sert déjà ;-),
- un certificat médical de moins de trois mois d'un médecin agréé (lui au moins, il est agréé !),
- un bulletin du Casier judiciaire (fastoche : la demande est aujourd'hui informatisée et se fait par Internet),
- des justification de ressources, avec nos 3 dernières fiches de paye, notre déclaration de revenu...


Nous sommes très fiers de notre photo amateur : nous deux, pris par Noémie, au milieu du jardin bleu du Parc André Citroën, le jour de la naissance de Marceau. On cligne les yeux, éblouis par le soleil, agenouillés pour nous mettre au niveau de la petite. On a écrit au dos de la photo, pour l'administration, à côté de nos noms : "photo prise par Noémie, 4 ans". Ils adorent, paraît-il.

N°259/2007


"Notre demande d'agrément en vue de l'adoption d'un enfant a été enregistrée le 29 mai 2007 sous le numéro 259/2007". Ce n'était pas l'agrément, mais on aurait pu déjà sortir le champagne ! Explication.

L'agrément, c'est le tampon officiel de la DASS qui nous autorise d'adopter. Sans agrément, pas de régularisation possible d'une adoption. Il faut être reconnu comme capable d'adopter par l'administration. Il faut être agréé. Veuillez agréer, Madame, Monsieur ...

Je pensais que le difficile serait le long parcours où il faut prouver à madame l'assistante sociale que nous sommes des gens tout à fait capables d'adopter. Eh bien que nenni !

Le premier parcours du combattant a été de faire enregistrer notre demande d'agrément : hep ! Nous voulons entrer dans votre pile de dossier !

En tout, pour notre inscription, il a fallu une quinzaine d'étape. Toute l'histoire est de renvoyer un dossier rempli et complet. Mais ce dossier, il n'est pas envoyé et distribué aux quatre vents. Non, non. Le dossier se retire à la fin d'une réunion d'information dans le 12ème : une cinquantaine de personnes qui écoutent religieusement une femme qui débite mille et un conseils. La date de la réunion d'information, elle n'est donnée que par courrier. Pour obtenir ce courrier, il faut remplir un questionnaire et le renvoyer. Le questionnaire, oh miracle, on peut l'obtenir par téléphone. Ouf ! En gros, un cou p de téléphone, 3 courriers et une réunion.

Après, il faut bien sûr remplir le dossier. Mais cela c'est déjà une autre aventure ! Vous allez bien trop vite !

samedi 5 janvier 2008

Saint Vincent de Paul, une maternité qui disparaît


Saint-Vincent-de-Paul est l'un des multiples hôpitaux du XIVème. Cochin, Broussais, La Rochefoucault, Sainte-Anne, Saint-Vincent-de-Paul, Notre-Dame du Bon Secours, Saint-Joseph, l'Institut de Montsouris.... A croire qu'on était plus malade au sud de Paris. Une entrée déglinguée. Une haute cheminée qui fume, une blanchisserie nous dit-on. Une cafétariat mal éclairée par la lumière du jour. Des bâtiments disparates. Des consultations en sous-sol, des couloirs suintant, quelques pièces repeintes.
La maternité va disparaître, au profit d'une grande plate-forme de naissance, en fusionnant avec Cochin, à 400 mètres de là. Quand je vous dis qu'il y a des hôpitaux partout !

C'est à cet hôpital que j'ai été prise en charge par l'équipe de PMA du Docteur Chaperon. Tiens, Saint-Vincent-de-Paul, c'est aussi cet homme de l'église qui va lutter pour les enfants abandonnés, pour les accueillir, pour former et convaincre des nourrices, pour assister cette enfance déshéritée. Au début du XVIIème siècle.

Il faudra attendre 1804 et le Code de Napoléon pour que l'adoption en France soit autorisée. Ce que les Grecs faisaient, on ne le faisait plus depuis le Moyen-Age.

Accouchement honteux et adoption : une histoire de prise en charge parallèle. Dès 1802, on peut accoucher secrètement à la Maternité de Paris. Tiens, c'est là que j'ai été hospitalisée pour l'ablation de ma trompe !

Et ce Adolphe Pinard, glorieux inconnu de la Troisième République ! Obstétricien de renom ! Il crée une oeuvre, "La Mère", pour celles qui ne veulent pas être mère : des refuges-asiles sont chargés d'accueillir les femmes enceintes en grand secret.

Eh bien, à Saint-Vincent-de-Paul, il y a un bâtiment Pinard. J'y ai attendu 3h avec mon mari un après-midi de novembre. En sous-sol, un ascenseur grinçant de bruits métallique, une salle d'attente refaite ; au bout du couloir, des gravas et des murs délabrés. De l'autre côté, des blocs.
C'est là tout simplement qu'a eu lieu le transfert d'un des 9 embryons issus de la ponction 2 jours avant. Issue trop incertaine : une semaine après, j'avais mes règles.

Non pas faire, mais trouver

Depuis le début de cette aventure, en mars dernier, il y a une chose qui m'a interloqué : on ne va pas faire un enfant, mais trouver un enfant. Comme on trouve un trésor. Dénicher, dégoter. Nous serons trouvères. Véritables troubadours de notre ère, sur les chemins du vaste monde, les yeux dans les étoiles, à la recherche du Petit Prince, poètes et jongleurs sur les routes des orphelinats.

Et c'est parti !


Cela fait plusieurs jours que j'attends de pouvoir écrire. J'ai pris du retard, ce sera autant de mini réflexions et de micro analyses qui seront passées à la trappe ! Mais qu'importe ! L'aventure risque d'être longue...

J'ai longtemps pensé, à l'orée d'un changement dans ma vie, noter sur un petit carnet ces nouvelles expériences. Cela aurait pu être au début de ma vie professionnelle : au seuil d'une carrière d'enseignant, il y a toujours mille et une choses à dire sur les débuts difficiles, les erreurs face aux élèves, les balbutiements, les tics, les hésitations, les micro succès, les impressions et les doutes.. bref, il faut bien se l'avouer, tout ce qui aurait pu aider d'autres débutants.

J'ai pensé aussi le faire pour la FIV, avec une idée marrante : prendre une photo de tout le personnel du monde hospitalier que nous allions rencontrés. Avec une intention bien visible : souligner le parcours du combattant, la multiplicité des interlocuteurs, le suivi hâché et en pointillé de mon dossier, les contradictions. Avec comme but intime de me protéger des skizophrénies des diagnostiques et des soins à faire, à la maison, à l'hôpital, au laboratoire...

J'ai vraiment regretté de ne pas noter au fil des jours mon aventure dans le mariage, ces multiples tâches absurdes dans lesquelles on se jette à corps perdu, mais qui justement prend tout son temps.


Bref, maintenant, c'est décidé, disons que ce sera la bonne résolution de 2008 : vivre et écrire notre histoire différente, celle d'une paternité et d'une maternité d'adoptant. Disons que cette fois-ci, il n'y a rien à exorciser, rien à transmettre : il s'agit de garder en mémoire la préparation de la venue de X ou de Y.