dimanche 30 mars 2008

Le monde associatif

Lorsqu'on a appelé la voisine de Patrice, on avait le sentiment d'appeler l'autre bout du monde. Je me souviens, nous étions autour du téléphone, penchés sur le combiné, à poser des questions dont la réponse nous semblait vitale, accrochés à ce bout de fil comme à un radeau dans l'océan en eau profonde dans lesquelles nous nous sommes aventurés depuis qu'il s'agit de sonder l'après-agrément.

Elle nous a enfin donné une impression très positive et très décomplexée de l'adoption. Tout va bien, oui il y a eu une période d'adaptation, mais non, pas plus que cela...
Et c'est elle qui nous a indiqué l'existence de l' APAEC.

L'Association de Parents Adoptifs d'Enfants Colombiens est, à entendre C. qui nous a contacté, une association qui s'est vraiement investi d'un rôle de lobby dans l'espace public, réagissant rapidement aux discours plus ou moins négatifs qu'on peut entendre fréquemment sur l'adoption.
Elle n'est pas une OAA, c'est-à-dire qui travaille avec les autorités colombiennes de l'adoption, mais peut aider les personnes qui se lancent dans les démarches individuelles, auprès d'orphelinat directement par l'intermédiaire d'avocats.

Elle nous a recommandé leur dossier, de contacter une personne de l'AFA, de participer au forum (http://fr.groupsyahoo.com/group/AdoptionColombie), de les rencontrer en juin... Bref, elle nous a tracé une route qui se perdait dans le brouillard depuis quelques semaines.

Avec l'EFA, c'est donc la 2ème association que nous allons rejoindre.

Les adoptantsn

Ce sont encore des femmes !

Nous avons déjà maintenant pris contact avec plusieurs adoptants, très positifs. Les voisins des copains de Patrice, qui ont adoptés en Colombie notamment. Mais aussi les membres de la l'Association APAEC recommandées justement par ces derniers.

Et à chaque fois, il s'agissait de femmes. En couple pourtant. Mais cela reste une affaire de femme. Pourtant, il n'y a plus aucune justification biologique, puisque dans l'adoption, chacun peut porter à égalité le projet. L'homme est aussi enceinte que la femme...

La femme de l'APAEC qui nous a rappelés nous a avoué qu'elle rencontrait parfois des situations assez cocasses : ainsi, après une prise de contact, elle appelle un ménage et tombe sur le mari qui répond : "attendez, je vais vous passer ma femme ; moi, je ne m'occupe pas de cela".

vendredi 7 mars 2008

AFA, EFA, CSA...

Euh... A pour Adoption ?

En France, il existe de plus en plus de structures autour de l'adoption.
L'AFA créée en 2005 : l'Agence française de l'Adoption est l'autorité centrale et publique qui gère l'adoption internationale selon les critères dela Convention de la Haye.

L'EFA est la plus grande association de parents adoptants et d'enfants adoptés. Elle compte énormément d'adhérents et organise des groupes de paroles.

Le CSA est le Conseil supérieur de l'Adoption. C'est une instance de concertation placée sous la tutelle du ministère de la Justice et du ministère des Affaires sociales. En gros, il conseille le gouvernement sur toutes les questions liées à l'adoption. Actuellement, Jean-Marie Colombani travaille sur un rapport qu'il doit remettre à l'Elysée.

Quand on navigue dans le sujet, on trouve aussi le CNAOP (Conseil national pour l'accès aux origines personnelles), le Bureau de l'Adoption de la Ddass de Paris, mais aussi l'Arbre vert (qui est une association spécialisée - ce n'est pas moi qui invente - dans le "soutien à la parentalité adoptive", c'est beau)...

Il y a aussi toutes les oeuvres (= ONG) d'adoption autorisées (ce qui n'était pas le cas de l'Arche de Zoé...). Elles ont des noms délicieux : les Nids de Paris, Children of Sun, Enfance et Avenir, les Liens du Coeur, la Famille adoptive française, Rayon de soleil, Orchidée Adoption, De Pauline à Anaelle...

Et puis il y a l'immense toile Internet. Tiens, en cherchant le site de l'AFA, je suis tombée sur ce blog : http://florencen.canalblog.com/

La Convention de la Haye

Une des explications de cette baisse est une bonne nouvelle : de plus en plus de pays ratifient la Convention de la Haye. On trouve sur le site du HccH (Conférence de la Haye de droit international privé) le texte intégral :
http://www.hcch.net/index_fr.php?act=conventions.text&cid=69



La Convention de La Haye du 29 mai 1993 sur la protection des enfants et la coopération en matière d'adoption internationale pose comme principe que l'adoption doit avoir pour but la protection de l'enfance. L'adoption est un moyen de donner une famille à un enfant qui en est dépourvu, et non l'inverse.

De façon générale, les pays signataires s'engagent à contrôler l'adoption afin qu'elle ne soit ni illégale, ni prématurée, ni mal préparée.

Un certain nombre de précautions s'imposent alors et les Etats parfois se ferment le temps de mettre en place les institutions et les protocoles nécessaires. Ainsi l'article 6 de la Convention postule que : "Chaque Etat contractant désigne une Autorité centrale chargée de satisfaire aux obligations qui lui sont imposées par la Convention".
Cette Autorité centrale faisait défaut dans beaucoup de pays ; Madagascar ainsi a ratifié la Convention en 2005 puis a suspendu l'adoption pendant 18 mois pour se mettre aux normes.

Par ailleurs, les pays signataires s'engagent à privilégier les adoptions sur leur propre sol. Dans les pays où émergent une classe moyenne, on assiste alors à un véritable effet de substitution. Ainsi en Chine, il y a eu en 2005 pour la 1ère fois plus d'enfants adoptés par des familles chinoises qu'à l'étranger.


Revue de presse



Le Monde a publié un article le mardi 26 février 2008 qui a bien mis les choses au clair : ce ne sera pas une partie de campagne !

Le nombre d'enfants étrangers adoptés en France a baissé de plus de 20% en 2007, passant de 4 136 à 3 162. Les pays en tête sont l'Ethiopie avec 417 visas accordés pour l'adoption, Haïti, la Russie. Or il y aurait 25 000 familles françaises en attente d'un enfant !

Ainsi la Chine impose désormais des critères de plus en plus drastiques : impossibilité d'adopter si on n'est pas en couple ; les époux doivent être diplômés, avoir un casier judiciaire vierge, n'avoir ni maladie ni handicap et travailler tous les deux. Enfin ils doivent gagner plus de 30 000 dollars par an, être propriétaire de son logement et posséder un patrimoine de plus de 80 000 dollars !

Pas de cadeau de naisance mais...

Février 2008. Notre voisine est au Vietnam actuellement pour découvrir sa fille, née le 1er octobre 2007. Elle nous a envoyé 3 photos et un petit mot très court il y a maintenant une quinzaine de jours ; tout allait bien.

Elle ne va tarder à rentrer et on viendra rencontrer la merveille ! Les bras pleins de cadeau ! Des cadeaux d'adoption, pour un bébé de 5 ou 6 mois ! C'est tout petit pour l'adoption et une chance folle pour elles deux.
Un petit détail cependant : il aura manqué la taille 0 an ou 3 mois !

jeudi 6 mars 2008

Le cadeau de Noël à Armeau


Armeau. un village sur le bord d'une nationale. Deux tantes qui vivent ensemble, l'une à la retraite, l'autre comptable dans un cabinet de notaire.

Nous avions un peu peur de leur réaction. Et pourtant, cela a été l'accueil de la nouvelle la plus chaleureuse, la plus simplement enthousiaste, la plus ouverte.

Elles sont marrantes, faut dire qu'elles avaient eu, un mois auparavant, une adoption dans leur entourage. Martine a une collègue qui la veille ou l'avant-veille de Noël est passé au cabinet, annonçant qu'elle ne restait pas ! La Ddass venait de l'appeler, elle et son mari, tout deux vieillissant, après des années d'attente où tout espoir avait évidemment disparu, lui annonçant qu'un petit garçon l'attendait ! Il paraît qu'elle a failli tomber à la renverse !

lundi 3 mars 2008

Faut-il lister ?

Au sortie de cette rencontre, nous sommes restés un peu sur notre faim. Mais que voulait-elle ? Une liste de caractéristiques à cocher ? Ce serait peut-être trop brutal. Alors, bien qu'elle ne soit pas psychologue, on enrobe sa check-list d'une discussion psychologisante quelque peu angoissante : "que faut-il répondre ?", "que demande-t-elle en réalité ?"... Le syndrome du dominé dans une enquête d'opinion qui cherche, non pas à donner son opinion, mais à deviner la bonne réponse, celle qu'il pense qu'attend l'enquêteur. Mais ce n'est qu'une check-list. Mais alors pourquoi ne le fait-on pas clairement :

- âge : < 1 an
- couleur : toute origine
- surdité : non
- surdité partielle : oui
- aveugle : non
- défiguré : non
- bec de lièvre : oui
- enfant d'alcoolique : non
- enfant de toxico : oui
- albinos : non
- avec frères et soeurs : oui
- histoire de la mère (viol...) : oui
- grand prématuré : non
- petit prématuré : oui
....

Hum, que disait le Conseil national de l'éthique sur les manipulations génétiques ? Le risque de choisir son gamin sur catalogue ? Certains adoptants ne se contentent pas de choisir selon l'état de santé de l'enfant, mais aussi son sexe, sa race... Chercher un peu l'enfant idéal, qui ressemble un peu aux parents, prendre sa revanche sur la nature ?
Une check-list.

La 2ème rencontre avec l'Assistance sociale

La dame de la Ddass est venu chez nous.

Peut-être était-elle moins à l'aise, peut-être l'étions trop, mais le courant n'est pas bien passé comme la 1ère fois. Surtout la litanie des questions est revenue : Et s'il est enfant d'une malade mentale ? Est-ce génétique ? Et à l'adolescence ? S'il est mauvais à l'école ? S'il débarque avec 3 frères et soeurs ? S'il fait une grosse crise existentielle ?

Et nous répondions : "alors, là, on verra bien !". Entre l'arrogance et le doute, il faut trouver un bon juste milieu. Ne pas minimiser les problèmes spécifiques à l'adoption et à l'enfant adopté ; ne pas exagérer des problèmes qui se poserons au plus tôt en 2020 lorsque notre enfant sera ado.

Et chaque fois que nous tenions une réponse, elle nous faisait sentir que nous étions trop dans l'inconscience vis-à-vis des problématiques de l'adoption, ou au contraire que nous n'étions pas assez surs de nous. Pas évident !

Ouf, les vacances !

Les vacances sont enfin arrivées ; nous étions la dernière Académie à partir en vacances, et le rythme de parution sur mon blog s'en est vivement ressenti !
Et pourtant, ce n'est pas qu'on ait été inactif sur le front de l'adoption ! Je dois dire que l'on a même remporté quelques batailles...